A bord du Paludine, presque au bout du monde

L’embrun. Le vent. La grand voile hissée. Un voilier battant pavillon argentin sillonne les eaux du canal de Beagle dans la baie d’Ushuaïa. Sans se presser, en toute discrétion, il fait la nique aux monstrueux catamarans  bondés de touristes. Une balade pleine de charme, presque au bout du monde.

Le Paludine se prépare à larguer les amarres

Le Paludine se prépare à larguer les amarres

 

Noir et orange électrique, tout d’acier. Le Paludine est, à l’origine, l’œuvre de la marine française, histoire d’entraîner ses matelots. Plus de capitaine tricolore à la barre mais Quelo, un marin musicien de quarante ans. Tous les étés, il quitte Buenos-Aires pour Ushuaïa et lance son voilier à l’assaut du phare Les Éclaireurs, planté sur un petit bout de caillou, à tout juste mille kilomètres de l’Antarctique.

Quelo, lâche sa guitare et prend la barre

Quelo lâche sa guitare et prend la barre

Le phare Les Éclaireurs accueille les bateaux dans le canal de Beagle

Colonie de cormorans impériaux

Colonie de cormorans impériaux

Rayon de soleil en terre australe

Le vent glacial cingle les visages des loups de mer, pourtant emmitouflés dans leurs cirés rouges, blancs, bleus et jaunes. Un rayon de soleil adoucit la rudesse du climat austral. Dans le lointain, la cordillère laisse entrevoir ses sommets enneigés, malgré l’été. Rien ne peut perturber cette parenthèse sublimée par le bercement des vagues.

Les montagnes, la tête dans les nuages

Les montagnes, la tête dans les nuages

Parfois les clapotis qui chatouillent la coque du Paludine se transforment pourtant en gifles d’une violence surprenante. Comme un rappel : l’homme n’est pas le maître au royaume des cormorans noirs aux yeux rouges, des biguás, des mouettes sud-américaines ou des majestueux et imposants lions de mer. Soudain, l’un d’entre eux vient flirter avec le voilier. De la surface ne dépassent que sa frimousse et ses mains palmées. Et dans un mouvement aussi agile que furtif, il tire sa révérence. Bref instant de magie. Pas de doute, les marins du jour garderont un bon moment le souvenir de cette apparition.

Se prélasser sur l’île Alicia

Sur leur île, les lions de mer passent le temps

Sur leur île, les lions de mer passent le temps

La colonie du fugueur ne doit pas être très loin. Toute voile dehors ! Une île se fait de plus en plus grande. Les contours d’imposantes formes brunâtres se dessinent peu à peu. « T’as vus les monstres », s’exclame l’un des mousses. Des lions de mer en train de se prélasser sur la roche de l’île Alicia, dans l’archipel Bridges. Cet après-midi, les mammifères partagent leur temps entre câlins et gentilles chamailleries.  Autours de leur promontoire, des bancs d’algues pareils à la chevelure brune de sirènes égarées. Alors que les minutes se transforment en seconde, le soleil poursuit sa course et décline. Fini de s’émerveiller, direction le port.

Les rayons du soleil se reflètent dans les eaux de la baie d'Ushuaïa

Les rayons du soleil se reflètent dans les eaux de la baie d’Ushuaïa

Retour au port de la cité australe

Retour au port de la cité australe

Sur les eaux chahutées par les vents, les « williwaws », une douce lumière se met à scintiller. De quoi donner un brun de féerie à la cité australe où les touristes ont remplacé les premiers colons, des bagnards.

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