Las Torres del Paine n’auront pas notre peau

Le « Paine » ou le « W » ? Quatre, cinq, dix jours de rando ? Plusieurs options sont offertes à ceux qui s’attaquent au Parc national Torres del Paine, au Chili. Toutes sont soumises aux mêmes difficultés : météo capricieuse, montées intenses, descentes à faire mal aux genoux… avec un sac de plusieurs kilos.

Trêve de plaisanterie. Sur le chemin qui conduit du refuge Los Cuernos au Campamento Chileno, dans le parc national chilien Torres del Paine, le silence s’est fait entre les deux marcheurs. Signe qu’ils en ont plein les chaussures. Il y a une heure, la pluie s’est mise à tomber. Les litres d’eau transpercent leurs vestes et pèsent des tonnes sur la fatigue accumulée après une vingtaine de kilomètres passés sur ce maudit et superbe circuit « W ».

Le silence s'est fait. Preuve que les marcheurs en ont plein les chaussures...

Le silence s’est fait. Preuve que les marcheurs en ont plein les chaussures…

Tête baissée en serrant les dents

Pendant les deux jours précédents, il était possible de se concentrer sur le paysage. Des lacs aux noms nordiques, un glacier bleuté, la Valle del Francès, le Mirador Britànico… Autant de merveilles qui calment la douleur causée par le sac à dos, les côtes et les descentes interminables.

Ambiance méditerranéenne au bord d'un lac au nom nordique

Ambiance méditerranéenne au bord d’un lac au nom nordique

Sur la route du glacier

Sur la route du glacier

Bienvenue au cœur de la Valle del Francès

Bienvenue au cœur de la Valle del Francès

Vue imprenable depuis le Mirador Britànico

Vue imprenable depuis le Mirador Britànico

Mais aujourd’hui, le brouillard ne permet aucun palliatif. Pas d’autre choix que d’avancer tête baissée en serrant les dents. Et plus d’alternative depuis 30 minutes : le parcours n’offre aucun abris, qu’une ascension dont les randonneurs ne peuvent voir la fin. Le moral du binôme est mis à mal.

C’est encore loin ?

Un groupe arrive en sens inverse. Ni une, ni deux, la question fuse : « Le Campamento Chileno, c’est encore loin ? » « Une 1 h 30. » Bon, c’est jouable. Mine de rien, l’information réconforte. Quatre-vingt-dix minutes, c’est quoi ? Rien. Le temps d’un film, d’un match de football, de gamberger à deux ou trois choses. De repenser au chemin déjà parcouru. Il y a d’abord eu le bus, un matin, de Puerto Natales jusqu’à l’entrée du parc appelée Laguna Amarga. Là, il a fallu s’enregistrer, payer, prendre note des recommandations (pas de feu, ramener ses déchets,etc.) et trouver la navette qui rallie l’embarcadère de Pudeto. Que s’est-il encore passé ? Ah oui, une balade de quelques kilomètres pour admirer la chute d’eau Salto Grande et le départ, en « catamaran », sur le Lago Petrohué, pour le refuge Paine Grande.

A bord du bateau parti de Pudeto

Sur le Lago Petrohué, à bord du bateau parti de Pudeto

La cascade Salto Grando, juste avant d'embarquer

La cascade Salto Grando, juste avant d’embarquer

Bientôt la fin du voyage

C’est ici que tout a commencé. Premier casse-croûte, découverte de ce qu’est le vent dans la prairie de Patagonie et début d’une marche estimée à une quarantaine de kilomètres, à trois nuits de bivouac et quatre jours de rando. Depuis il y a eu des bois, des prairies, des pans de montagnes à gravir, des avalanches, des petits déjeuners avec des panoramas à couper le souffle, des repas au réchaud, une nuit humide en camping, une autre en refuge avec une tente cassée, des heures de marche… Bilan : bientôt la fin du voyage, si cette saloperie de montée daigne finir un jour.

En route

En route

Premiers coups de vent

Premiers coups de vent

Rivière et forêt au pied des montagnes

Rivière et forêt au pied des montagnes

Ce n'était pas le meilleur petit déjeuner mais peut-être le plus beau

Ce n’était pas le meilleur petit déjeuner mais peut-être le plus beau

Quelques repas au réchaud

Quelques repas au réchaud

Le vue depuis la tente

Le vue depuis la tente

Légendes de granit

Retour à l’effort. Le dernier groupe croisé disait moins d’une heure, qu’il suffirait de crapahuter 1,2 kilomètre avant de descendre vers le campement. Mais ça grimpe toujours… Et cette pluie… Encore un virage abrupte. Il porte un coup violent à la motivation. Un instant, le dos fourbu, les trapèzes écrasés par le sac de plusieurs kilos et les jambes épuisées prennent le dessus. Là, « y’en a ras-le-bol ! » Marre, vraiment ! Pourtant la fin ne doit pas être loin… Ultime effort. D’un coup, le Campamento Chileno, dernière étape vers Las Torres del Paine. Des légendes de granit dans tout le Chili presque à portée. Perspective qui donne du baume au cœur et ferait presque oublier douleur et fatigue.

Admirer ce joyau du parc dans les meilleures conditions vaut bien quelques petits sacrifices, non ? Alors à peine arrivés, malgré cette dure journée, les deux marcheurs savent que demain ils partiront avant 5 heures et grimperont jusqu’aux tours de pierre pour un moment de contemplation. Ensuite, ils redescendront et reprendront la route… pendant des heures.

Le jour se lève et va bientôt toucher las Torres del Paine

Le jour se lève et va bientôt toucher las Torres del Paine

Les tours de granit au petit matin

Les tours de quartz et de granit au petit matin

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s