Face aux géants de Patagonie

Déflagration, tonnerre, éboulement, tremblement, séisme… Les uns après les autres, ces mots viennent à l’esprit pour décrire ce qui se déroule chaque jour, à quelque 70 kilomètres d’El Calafate, en Patagonie argentine. Mais pas d’armée à l’horizon, pas de trace de guerre, aucun danger, même s’il y a bien un front, de glace et d’environ 5.000 mètres. Voici « le » Perito Moreno, muraille gelée qui trouble tous les jours le calme du parc national Los Glaciares.

arbre glace

Deux fois plus vaste que Paris

Emu par cette curiosté de la nature, on le regarderait presque avec des yeux d’enfant, avec l’envie de le toucher, de le sentir bouger en posant ses mains contre lui. Mais ici aucun touriste ne peut franchir le périmètre de sécurité de 300 mètres. Danger de mort. Car le gentil « petit » iceberg baptisé du nom d’un des plus grands explorateurs argentins est un monstre long de 30 kilomètres, deux fois plus vaste que Paris et haut de parfois 60 mètres (pour la partie émergée). Conséquence : quand « monsieur » Moreno se réveille avec le petit matin, s’étire, fait craquer son ossature glacée jusqu’à en perdre de petitsmorceaux, cela ne passe pas inaperçu et peut donner l’illusion de détonations.

Le Perito Moreno, monstre glacé de plus de 30 kilomètres de long

Fracas immense

Toujours la même scène mais il est impossible de s’en lasser. Il y a d’abord le grondement sourd de cette masse blanche et bleutée qui avance tous les jours un peu plus. Puis le bloc, plus ou moins imposant, qui se détache du corps et s’effondre. Rencontre entre l’eau glacée et celle restée liquide. Fracas immense dont l’écho s’écoute de longues minutes à mesure que l’onde se propage le long du Perito Moreno et dans la vallée.

D’abord un grondement puis le bloc gelé qui se détache

A bord des bateaux de touristes ou accoudé à l’une des passerelles construites devant le glacier, il n’y qu’à choisir son point de vue pour profiter du spectacle. Au pied du Perito Moreno ou au-dessus de lui. De front, les yeux noyés dans cette immensité, ou de côté pour profiter de tous les « éboulements », une seule chose à faire :  regarder le géant s’exprimer.

Observation attentive depuis les passerelles installées face au glacier

Observation attentive depuis les passerelles installées face au glacier

Un cran au-dessus

A El Chalten, un peu plus au nord de la Patagonie et toujours au cœur du parc Los Glaciares, les visiteurs s’arrêtent aussi pour « tourner » autour d’une célébrité argentine, d’un autre « mastodonte » : le Fitz Roy. Culminant à plus de 3.400 mètres, ce pic est considéré comme l’un des plus difficiles au monde à escalader. Activité réservée aux pros, à qui il aura tout de même fallu deux tentatives, en 1932 et à la fin des années 1940, pour arriver à le gravir une première fois. En 1952, le succès revient à une cordée française, en dépit de la noyade de l’alpiniste Jacques Poincenot. Moins de risque pour les humbles sportifs et les touristes, puisqu’El Chalten – la « capitale nationale de treking » avertit un panneau à l’entrée de la ville (300 habitants permanents) – offre de s’approcher du Fitz Roy en empruntant les sentiers de randonnée.

El Chalten, au pied du Fitz Roy, capitale du trek

El Chalten, au pied du Fitz Roy, capitale du trek

Se rendre aux « miradores » Los Condores y Las Aguilas permet par exemple, en quelques kilomètres, d’avoir une vue plus complète sur la montagne qu’en ville. Catégorie « Caminatas cortas » : facile. Un peu plus dur ? « Dos horas o mas » pour atteindre la Laguna Capri et le Mirador Fitz Roy. Quatorze kilomètres, une bonne ascension et des panoramas encore plus spectaculaires sur les massifs.

Jusqu'à la Laguna Capri, un peu plus près du pic

Jusqu’à la Laguna Capri, un peu plus près du pic

Après deux heures de marche, le mirador Fitz Roy

Après deux heures de marche, le mirador Fitz Roy

Un cran au-dessus : el sendero Loma del Pliegue Tumbado. Plus de sept heures de marche, environ 1.000 mètres de dénivelé à monter et descendre et une ultime grimpette à pic, les pieds dans la neige. Deux récompenses une fois en haut. La première : le panorama à 360 degrés sur le Fitz Roy, la vallée d’El Chalten et la steppe de Patagonie. La seconde : le sentiment d’avoir approché un sommet à l’image des héros d’El Chalten, ces célèbres alpinistes qui ont écumé la région.

Sendero Loma del Pliegue Tumbado : 1.000 mètres de dénivelé

Sendero Loma del Pliegue Tumbado : 1.000 mètres de dénivelé

Vue sur le Fitz Roy et la vallée d'El Chalten

Vue sur le Fitz Roy et la vallée d’El Chalten

Panorama sans limite

Panorama sans limite

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