Trochita, embarquement immédiat

Autour de la ville d’Esquel, dans la province du Chubut, en Argentine, d’imposantes montagnes, pour certaines remplies d’argent. De temps en temps, le mythique Viejo Expreso Patagónico vient leur chatouiller les pieds. A sa tête, une vieille dame, un monstre à vapeur, La Trochita, bichonnée par une dizaine d’employés, quasi amoureux.

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Un grand jour se prépare en gare d’Esquel, Patagonie argentine

Le jour s’est à peine levé. Les rayons du soleil tentent de réchauffer la ville d’Esquel, en Patagonie, dans la province du Chubut. Mais le froid semble bien décidé à régner en maître sur les Cerro de la Cruz, Nahuel Pan ou sur l’ancien glacier, prisé des skieurs en hiver, La Hoya. Les mains emmitouflées dans leurs énormes gants de cuir noircis de cambouis, Carlos, Erga, Bartolomeo, Félix et Pedro n’ont que faire des assauts de l’hiver. Leur mission compte avant toute chose : mettre sur son 31 La Trochita, la locomotive de l’antique Express patagon mis en service pour la première fois en 1935.

Le cambouis maquille les gants des machinistes

Le cambouis maquille les gants des machinistes

Vingt tonnes d’élégance

En réalité, deux vielles dames de 1922 (l’une Américaine et l’autre Allemande) se relaient entre la voie et l’atelier, situé un peu à l’écart de la petite gare restée figée au début du siècle dernier. Deux mastodontes en acier de 20 tonnes aux lignes élégantes et pleines de nostalgie. Ce jour-là, la petite fille de l’Oncle Sam est de sortie. Deux heures de préparation avant de rejoindre la communauté mapuche Nahuel Pan, perdue au milieu de la pampa, à une vingtaine de kilomètres de là. Fini les 400 kilomètres jusqu’au terminus en gare « Ingeniero Jacobacci », dans la province du Rio Negro. La Trochita ne vit plus que pour amuser les touristes et les inconditionnels des prémices du chemin de fer argentin.

La locomotive allemande se refait juin beauté DANS L'atelier

La locomotive allemande se refait une beauté dans l’atelier

Les nouveaux aux petits soins

Dans un épais nuage de vapeur, un coup de Kärcher sort la demoiselle de sa torpeur. Pedro et Felix, la trentaine toute fraîche, prennent le flambeau afin de la briquer avec délicatesse pendant que son corps se remplit d’eau.

Une bonne douche à la vapeur

Une bonne douche à la vapeur

Près de 10.000 litres d'eau SONT nécéssaires à la vieille dame

Près de 10.000 litres d’eau sont nécessaires à la vieille dame

Près de 10.000 litres qui s’échappent à toute allure d’un tuyau noir, rouge et coudé surplombant La Trochita. De la vapeur, encore et toujours, et le bruit du moteur sous pression de plus en plus présent. Derrière les leviers de direction, les blousons deviennent presque inutiles. Une chaleur intense émane du foyer de la locomotive. Pas de charbon pour actionner cette mécanique de précision mais du gas-oil. Quelque 7.000 litres.
Le métal se dilate. Les Jauges grimpent sans se presser. Encore une poignée de minutes et elles seront au niveau optimal. Reste encore à huiler tout ça.

Les machinistes Gardent Toujours non œil sur la jauge

Les machinistes gardent toujours un œil sur la jauge

Dans d’étranges récipients en fer, « de la 15/40, comme pour les voitures », s’amuse Pedro, le regard masqué par des lunettes de soleil qui couvrent une bonne partie de son visage rondelet. Les mêmes que celles arborées par la plupart de ses compagnons. Courbés, Pedro et Félix enduisent, dans des gestes minutieux, les essieux du liquide graisseux. Une tache réservée aux petits nouveaux.

Les petits Nouveaux mettent de l'huile Dans Les rouages ​​de la Trochita

Les petits nouveaux mettent de l’huile dans les rouages ​​de La Trochita

Stars d’un jour

De loin, Bartolomé, 60 ans et 23 ans de service, garde un œil sur eux, la relève, comme son père le faisait avant lui. D’ici six mois, le doyen de l’équipe, formée exclusivement par des enfants du pays, posera ses gants. Il l’avoue, il a de « l’affection » pour La Trochita, qu’il bichonne chaque jour outils en main. Alors oui, il versera une petite larme lors de son dernier jour. « Il y a plusieurs années de cela, nous avions une vingtaine de machines. C’était la belle époque. Puis, faute de financement, nous n’en avons gardé que quatre ou cinq. Et aujourd’hui plus que deux. On ne les sort plus que pour faire plaisir aux touristes. Le prix des billets nous sert à maintenir les locomotives en état de marche. Parfois, de riches Américains louent l’une des deux pour un peu moins d’une semaine. Ça rapporte », explique-t-il.

Tous Les jours, les Mécaniciens donnent de la clef anglaise

Tous les jours, les mécaniciens donnent de la clef anglaise

Pas le temps de s’attarder dans de longs discours. Les premiers touristes commencent à pointer leur nez autour de La Trochita. « Clic, clac. » Ils immortalisent cet impressionnant témoin du passé, de sa carlingue noire à ses rouages rouge vif. D’autres posent devant, fiers de s’exhiber à son côté. Les plus téméraires jouent de leur plus beau sourire pour s’asseoir à la place du conducteur, stars d’un instant.

Direction la steppe

Soudain, le chef de gare bat le rappelle. « Tout le monde sur le quai, La Trochita va entrer en gare. » Ni une ni deux, les passagers se pressent pour ne pas louper le rendez-vous tant attendu. La machine entre en action. Le foyer du moteur se met à dégager une chaleur intense.

La température augmente, le Départ intérêt proche

La température augmente, le départ est proche

Les essieux entament leur ronde dans un brouhaha métallique. « Gling, poum, pschit ». Ça y est, La Trochita se met en branle tout en douceur dans un puissant ronron. Des jaugent se dégagent de la vapeur et des gouttes d’eau. Dans une danse folle, certaines tombent sur la machinerie ardente et disparaissent dans un léger frémissement. Dernier arrêt. Wagons accrochés. En scène.
Pour amuser la galerie, le conducteur fait chanter le sifflet de La Trochita, accompagné d’un jet de vapeur à faire sursauter. Applaudissements de rigueur pour annoncer l’entrée triomphale du train, sans oublier quelques notes d’harmonica offertes à la volée. En route à travers la steppe de Patagonie.

Un jet de vapeur Accompagné le sifflet de la vielle dame

Un jet de vapeur accompagne le sifflet de la vieille dame

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