« Hitler enterré au Paraguay »

Des décennies passées à traquer les nazis, dont la présence en Argentine ne fait pas de mystère. Surtout à Bariloche, véritable « village » suisse-allemand devenu « célèbre » en 1994, lorsque les habitants découvrent que l’un des leurs n’est autre qu’Erich Priebke, ancien capitaine SS. Et autant d’années de recherches pour « découvrir » qu’Adolf Hitler ne se serait pas suicidé dans son bunker, alors que la défaite du Troisième Reich était imminente. Rencontre à Bariloche, en Patagonie argentine, avec Abel Basti, l’homme qui refait l’histoire, journaliste et auteur de livres sur le sujet, dont son guide « touristique » « Bariloche Nazi ».

baelbasti

Pourquoi avoir enquêté sur les nazis à Bariloche ?

Tout a commencé avec l’arrestation d’Erich Priebke (en 1991, l’auteur argentin Esteban Buch fait pour la première fois mention de la présence du capitaine SS à Bariloche dans son ouvrage « Le peintre de la Suisse argentine ». Un état de fait corroboré en 1994 par le journaliste américain, Sam Donaldson, lors d’une interview de Reinhard Kopps, autre dignitaire national socialiste, NDLR). J’ai dû couvrir les événements pour le journal local.

Dans les livres d’histoire, il ne fait aucun doute du suicide d’Hitler durant les dernière heures du IIIe Reich allemand…

Les Européens n’ont aucune connaissance de leur propre histoire. Après 1945, les articles de presse ne font pas mention du suicide du Führer. Près de 80 % des informations de l’époque, toutes publiques, relatent la fuite d’Hitler. Staline a même témoigné dans ce sens, sans parler des rapports du FBI qui détaillent sa fausse mort. D’ailleurs, dans l’Allemagne post-nazie, aucun acte de décès du Führer n’a été rédigé. Ce n’est qu’au bout de 10 ans qu’un document officiel de présomption de mort a été édité.

Il y a pourtant eu des témoignages qui vont à l’encontre de cette théorie…

Il n’y a eu qu’un seul témoignage direct, celui d’un proche d’Hitler. Ce n’est pas sérieux. D’autant qu’aujourd’hui, on sait que les fragments de crâne retrouvés dans le bunker et censés être ceux du Führer appartenaient en réalité à une femme (ils sont exposés pour la première fois par le Département des archives de Moscou en 2000, NDLR). Les quelques éléments supposés être tangibles ne le sont pas. Les seules preuves qui existent vont dans le sens d’une fuite.

Vous pensez que certains pays sont au courant de cette fuite ?

Sans aucun doute. En 1954, la CIA a obtenu une photo prise en Argentine sur laquelle apparaît Hitler. Il y a bien d’autres documents de la CIA, du FBI, qui prouvent qu’Hitler a trouvé refuge en Argentine. Tous classés secrets et que je ne suis pas parvenir à faire déclassifier. Je sais aussi que d’autres preuves se trouvent au ministère de la Défense argentin, mais une loi interdit leur accès. J’ai initié une procédure judiciaire afin de les rendre public.

Comment expliquer un tel silence ?

Je suis journaliste, mon métier est d’informer pas de commenter pourquoi devant tant d’évidences une autre histoire a été racontée. Soit ils étaient tous aveugles, soit ils ont eu la volonté d’occulter la réalité. Qu’il s’agisse de gouvernements, d’hommes politiques ou de chefs d’entreprises, nombreuses sont les personnes qui ont tout fait pour qu’aucun ne sache qu’ils avaient aider des nazis à s’échapper d’Europe. Et tout ça s’est fait avec l’appui des Alliés, les États-Unis en chef de file. Des milliers de nazis ont migré en Amérique, au nord comme au sud. Et pas seulement des scientifiques mais des experts de la guerre bactériologique, chimique… Par ce flux, les États-Unis sont entrés en possession de technologies de guerre avancées.

Et l’Argentine ?

Nous avons eu le projet de fusion nucléaire sur l’île de Huemul, initié en 1948 par un scientifique autrichien, Ronald Richter, et avorté en 1952 avec la chute de Peron. A cette époque, les exilés du Troisième Reich savaient que la fin de leur protection irait de pair avec celle du régime péroniste. Les nazis sont aussi venus avec des sous-marins nucléaires. A Còrdoba a été développée la branche aéronautique. Nous avons par exemple l’avion à réaction dont le design est le fruit du travail de Kurt Tank, nazi. Cet avion (le TA-183) est d’ailleurs identique à un appareil russe. Dans les années 1950, sur le même principe nous avons avancé sur les missiles téléguidés.

Mais pourquoi avoir déclaré la mort d’Hitler ?

La mort d’Hitler mettait un point final au nazisme. Ainsi, il n’y avait plus de complice, ce qui arrangeait un peu tout le monde à l’époque. Sans compter que les nazis se sont révélés être une aide précieuse dans la lutte contre le communisme. C’est comme cela que se sont retrouvés tous les nazis de Croatie en Argentine.

Combien de nazis se sont réfugiés en Argentine ?

Difficile à dire, plusieurs milliers voire plusieurs dizaines de milliers.

Dansla petite boutique à la façade orange, les gens achetaient de la charcuterie à M. Priebke, ancien capitaine SS

Dans la boutique à la façade orange, les habitants de Bariloche achetaient de la charcuterie à M. Priebke, ancien capitaine SS

Que reste-t-il des nazis en Argentine ?

Le 20 avril, certains continuent de célébrer l’anniversaire de Hitler. Il reste aussi un important réseau, notamment dans le monde de l’entreprise. Lorsque les nazis sont arrivés, afin d’assurer leurs arrières d’un point de vue économique, près de deux cents sociétés anonymes ont été crées. Parmi leurs employés, on retrouvait des gens comme Eichman. Et à environ 80 km de Bariloche, à Villa La-Angostura, il y a une grande maison au milieu de la forêt, au bord du lac Nahuel Huapi. Il s’agit d’un réplique exacte du chalet d’Hitler en Allemagne. Il y a vécu quelque temps. Il y avait des miradors partout, on ne pouvait y accéder qu’en hydravion.

Et pourquoi les retrouve-t-on concentré à Bariloche ?

Le club andin de Bariloche comptaient parmi ses membres nombre de nazis. Il a joué un rôle très important les dernière années du IIIe Reich. Des expéditions étaient organisées. De là, les nazis ont recueilli un nombre important de relevés topographiques. Ce qui a permis, par la suite, d’établir leur futur lieu de villégiature. A partir de ces expéditions, le détroit de Magellan, en Patagonie, est aussi devenu une base pour leurs sous-marins.

Hitler, justement, où est-il mort selon vous ?

Au Paraguay. Son corps repose sous une propriété privée, dans un bunker.

Où est l’endroit exact ?

Je ne peux pas le révéler pour le moment. On pourrait m’attaquer pour diffamation. Mais j’ai engagé une procédure judiciaire afin de pouvoir faire éclater la vérité.

Avez-vous des preuves irréfutables de tout ce que vous avancez ?

Oui.

Peut-on les voir ?

Je ne préfère pas. Vous n’avez qu’à vous rendre sur ma page FB, j’en publie quelques-unes.


Rebondissement : 

Une doctorante brésilienne, Simoni Renee Guerreiro Dias, est formelle : Hitler, après s’être rendu en Argentine et au Paraguay, s’est installé au Brésil où il serait mort à l’âge de 95, en 1984. L’universitaire fonde notamment sa théorie (qui fait l’objet d’une thèse) sur une photographie de mauvaise qualité sur laquelle apparaît un homme connu comme le « vieux allemand », Adolf Leipzig (ville de naissance de Bach, compositeur préféré du Führer), en compagnie d’une jeune femme noire. Simoni Renee assure aussi savoir où est enterré Hitler et entend demander des analyses ADN afin de prouver qu’il n’est pas mort dans son bunker.

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