Arrestation musclée d’un agitateur

Une nuit dans le hall d’une gare routière à Rio Gallegos, en Patagonie argentine. Au petit matin, un quadra imbibé d’alcool tente de forcer les portes. Une dizaine de gendarmes interviennent pour le sortir manu-militari. Ça ne rigole pas dans le pays de Maradona.

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Après avoir loupé notre correspondance entre Ushuaïa et El Chalten, nous voilà à passer la nuit dans la gare routière de Rio Gallegos, en Patagonie argentine. Une nuit pourrie à essayer de trouver une place « confortable » qui ne se laissera jamais débusquer. Et pour pimenter un peu le tout, vers cinq heures, un mec tout bourré tente de renter à l’intérieur.

Personne ne bouge

Les portes, fermées à clés, lui résistent tant bien que mal. L’homme s’énerve et crie de toutes ses forces : « Ouvrez la porte. Il fait froid dehors. Oh ! Vous m’écoutez ? » Personne ne bouge. Le gardien, un homme, la soixantaine bien tassée, les cheveux plus sel que poivre et ventripotent, ne quitte pas sa loge.

Délit de sale gueule

Le mec tout bourré fait mine d’appeler la police : « J’ai mon billet pour prendre le bus mais ils ne me laissent pas entrer. Ça s’appelle un délit de sale gueule ! » Talents de comédien. Mais pas de quoi convaincre le gardien. Résultat, le type s’acharne de nouveau sur les portes. La furie du désespoir en plus. Sur les visages des voyageurs en transit, de la peur, pour partie, mais aussi de l’incompréhension.

La gardien pointe son nez

Dépêché par un passager – un homme costaud d’une quarantaine d’années, dont la coupe de cheveux fait penser à un soldat allemand de la Deuxième Guerre mondiale –, le gardien finit par pointer son nez dans le hall. Visiblement dépassé par la situation, il se cache à moitié derrière un pilier, le téléphone collé à l’oreille. A l’autre bout du fil, son boss dans un premier temps, puis la police.

Agressivité glaçante

Entre les deux coups de bigot, le tout bourré réussit à rentrer. Pas un de ses hôtes de circonstance ne moufte. Beaucoup préfèrent regarder leurs pieds. Celui qui vient de s’inviter par la force dégage une agressivité glaçante. En survêtement bleu clair et coupe-vent marine, ce quadra a de faux airs de Maradona. Il va et vient, d’un pas agité. Passe en revue presque tout le monde. « J’avais froid Che. Y’a des sacs à dos par-là… » Instinctivement certains agrippent leurs affaires, tout en discrétion.

Dix contre un

Une dizaine de minutes plus tard, trois gyrophares bleu électrique fendent l’obscurité de la nuit. Bientôt une dizaine de policiers font leur apparition et se saisissent du gars. Bien des uniformes pour un seul survêt. L’agitateur n’oppose aucune résistance ce qui ne l’empêchera pas de finir face écrasée contre terre et poignets dans le dos. Dernier coup d’éclat avec un cri d’appel vain : « Au secours, au secours ! » Le gardien inscrit la main tremblante l’événement dans son registre. Six heures moins dix, circulez il n’y a rien à voir.

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