Pèlerinage chez les enfants du soleil

Parcourir la « route sacrée de l’éternité du soleil ». Quel honneur quand on y pense. Celui d’une balade privilégiée en pleine mythologie inca, là, sur l’Isla del sol (Bolivie), la plus grande île du lac Titicaca.K

Tout autour, les eaux desquelles Viracocha, le dieu créateur du soleil, de la lune et des étoiles a surgi. Au loin, l’Illampu dominant la cordillère royale de ses 6.368 mètres. Droit devant, le chemin des crêtes, un serpent de pierre pour rejoindre les deux extrémités de ce bout de terre. Quelques heures de marche aux allures de pèlerinage sur ce que les légendes présentent comme le lieu de naissance des enfants du soleil, les fondateurs de Cusco au Pérou et de l’empire inca. Le même qui soumettra plus de 600 peuples, dans le sang parfois, et brillera pendant un siècle grâce à son savoir agricole, architectural, et surtout aux connaissances des conquis.

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Quelques heures de marche en altitude sur l’Isla del sol (Bolivie), la plus grande île du Titicaca, pour une balade en pleine mythologie inca

Au sud du « caillou »

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D’abord un bateau parti de Copacabana, puis le froid mordant du lac, et les premiers kilomètres

Une médaille, un endroit et un revers, toujours. L’Isla del sol en est l’illustration. Pour un superbe panorama depuis le pont d’un bateau parti de Copacabana, le froid mordant de Titicaca, l’un des plus hauts lacs au monde. Pour le plaisir d’une promenade solitaire du nord au sud de l’île, un flot touristique à semer dès l’arrivée. Pour des panoramas étonnants, une lutte continue contre l’altitude étouffante et le vent incessant.

Débarquement au sud du « caillou ». Les premiers kilomètres vers Challapampa se révèlent être peut-être les moins agréables. Musée d’archéologie, ruines, table sacrificielle… Il faut s’attendre à faire ses photos « historiques » à la suite des autres touristes. Mais sur ce promontoire qu’est l’île du soleil, patienter n’est pas difficile.

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Tout de même quelques photos du patrimoine historique de l’île mais surtout des clichés de petites criques, de l’horizon bleuté et des falaises abruptes

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Ascension jusqu’au point le plus haut…

Les clichés des petites criques, de l’horizon bleuté du lac et des falaises abruptes prennent le pas sur les sites phares. L’œil dans le viseur, absorbé par l’immensité, on ne prête plus attention flot de visiteurs qui se disperse. Et quand arrive le moment de gravir le point le plus haut du rocher, la solitude est presque totale. Ne restent que le vent fouettant les joues, les battements du cœur qui résonnent dans les tempes et une chaleur dans les jambes pendant l’ascension.

Suivre la colonne vertébrale

Le sommet enfin. Quelques minutes pour reprendre son souffle, les mains sur les hanches, la tête tournée vers le ciel comme pour trouver un peu plus de cet oxygène qui manque à cette altitude. Le palpitant s’est calmé, retour au paysage. L’isla del sol s’étend au milieu des flots. Majestueuse, bordée de reflets turquoise. Comme une île du Pacifique mais au cœur des Andes.

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Il faut maintenant s’atteler à la traversée, vers Yumani et le sud, en longeant une colonne vertébrale rocheuse, « la route sacrée de l’éternité du soleil »

Il faut maintenant s’atteler à la traversée, vers Yumani et le sud, en longeant une colonne vertébrale rocheuse, « la route sacrée de l’éternité du soleil ». Beaucoup des marcheurs d’un jour ont déjà quitté les lieux ou ont opté pour le chemin le plus court. Ils laissent aux plus courageux toute latitude afin de savourer les montées et les descentes flirtant avec les 4.000 mètres.

Péages insulaires

Les heures passent. Le vent toujours, le cœur qui fournit le combustible à une paire de jambes très sollicitée, et un nouveau venu : le froid. Il rappelle que le début d’après-midi est arrivé, qu’il faut accélérer le pas pour espérer attraper le bateau de retour. A mesure que la partie sud de l’île se découvre, la végétation reprend maintenant l’ascendant sur la roche et l’aridité de l’autre versant.

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Plus au sud de l’île, la végétation reprend l’ascendant sur l’aridité de l’autre versant

Des champs, quelques bosquets et pelouses, des fleurs aussi, au gré d’innombrables courbes qui se succèdent. Puis les premières habitations après l’ultime « péage » insulaire. Le premier pour franchir la partie nord de l’île, un deuxième dans la partie sud, celui-ci qui permet de traverser la communauté de Yumani et d’accéder au quai. Les trois pour permettre l’entretien du site et améliorer le quotidien de 3.000 locaux.

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Après l’ultime « péage » insulaire, les premières habitations de Yumani

Entre les maisons de pierre le vent s’est maintenant tu. A l’entrée des restaurants et des hôtels, les nouveaux touristes arrivés par le sud s’installent et se préparent à passer la nuit. Quelques sollicitations de commerçants. Sur l’escalier inca qui conduit au rivage, la solitude prend fin alors que le jour s’éteint en douceur. Mais dans quelques heures, il éclairera de nouveau la « route sacrée de l’éternité du soleil » pour permettre à d’autres vagues de touristes de l’emprunter, du matin au soir.

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Tous les jours, le soleil éclaire la « route sacrée de l’éternité du soleil » pour permettre aux vagues successives de touristes de l’emprunter

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